Fragments d’aout (2013)

A la suite de ce stupide mois d’aout 2022, j’ai besoin de me souvenir que celui de 2013 fut tellement plus clément ! En voici le compte-rendu.

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J1 
Première nuit du mois d’août.
Premier chas par où passe le bon fil du mois d’août. 
Voyez-vous ces oeillets par où passe le bon fil du mois d’août ?
— Oeillets d’étoiles et de lait —

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J2 
Humanité de chair, humanité de sang. 
Humanité d’écoute, humanité de gestes. 
Humanité de soufre, humanité. 

Denrée qui ignore son prix, chaque grain vaut de l’or. 
Mon Dieu !

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J4 
Silence de ces nuits, les étoiles.
La petite eau du lac…
embarque la barque et la dure jetée.

Clapotis d’un autre monde.

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J7 
Les cigales grésillent sous la halle à Revel : Tsentzétsentzé.

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J8
Un désir ardent trempe son doigt sur le bout de mes lèvres.
Au goût de sel.

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J9
Magie de l’éphémère qui donne vie au mois d’août.
Et qui meurt, épuisée 
par sa danse aux bougies.

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J13 
Une écharde enfoncée au mitan du mois d’août. 
Une bouchefente crache ses vomissures.
Des relents étriqués sous couvert d’idées larges, Ô que sa bouchefente se soude ! 
Bouchefente où je trébuche.
— Et je tombe à nouveau dans des culs-de-basse-fosse où je ne veux pourtant plus traîner —.

Sous le regard des perséides.

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J17

Les doigts de pieds en éventail, je glandouille, je bulle, je zone, je fais du lard, je farniente, je paresse, je zappe, je vivote, je survole, je virevolte, j’effleure à peine.
Je bouffe, je grignote, je bâfre, je picore, je me vautre, je m’avachis, je biberonne, je sirote, je saupoudre, je glandouille encore.
Je versifie, je verbalise peu, je songe creux, je tourne en rond, je flâne, je lambine, je baguenaude aussi, je traîne, je butine, je roule, je circule, je regarde tout de loin, de très loin.
Qu’est-ce que je m’en fous, je régresse, je dilapide, je disperse, devant la télé, le ciné, ou l’ordi, je glandouille toujours.
Je lis pas ou si peu que ça ne compte pas, en fait c’est faux, je lis beaucoup, j’écris, je poste, je commente, je réponds, je corresponds, je réagis, j’argumente, je me défends, je suis intelligent, je me pose.
Je fatigue.
Le mois d’août en somme !
Juillet et décembre ne sont pas en reste non plus…
Il paraît qu’on est six milliards. Je suis vraiment un privilégié de la Terre.

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J18 
L’alcool du mois d’août, celui dont on ne parle jamais.


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J23
Exposition Fanny Ferré au château de Laréole

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J31 
ELLE : Tu m’aimeras toujours ?
LUI : Un jour, je cesserai de t’aimer.
ELLE : Je verrai venir ce jour ?
LUI : Tes taches de rousseur…
ELLE : Mes taches de rousseur ?
LUI : En cartographe passionné, j’en aurai dressé le ciel. 
ELLE : Où en es-tu ?
LUI : Je n’ai pas encore trouvé la Grande Ourse.


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