Où je te parle de peuple

Aujourd’hui, je vais te parler de peuple et de Tatiana Ventôse.
Tatiana Ventôse n’est pas le nom d’une héroïne de roman de Tolstoï ou de Stendhal, ou bien encore le personnage central de la prochaine nouvelle que je n’écrirai pas.
Non.
Tatiana Ventôse est une chroniqueuse politique et tu peux la rencontrer sur Youtube.

Moi, j’ai fait sa connaissance par l’intermédiaire de mes enfants qui m’ont ainsi montré qu’ils ont une bonne conscience politique, j’en suis fier. Ils m’ont aussi montré qu’il y a beaucoup d’intelligence sur Youtube, beaucoup de jeunes adultE lucides qui savent se servir brillamment du pouvoir des réseaux sociaux.
J’en reparlerai très certainement lorsque je développerai mon rapport à la zététique, cet art du questionnement rationnel qui fait pièce à toutes les foutaises complotistes ou irrationnelles qui se répandent sur internet comme…
… « trainées » de poudre de perlimpinpin,
… « catins » qui flattent nos émotions barbares,
… « prostituées » qui sucent le pis de l’Idole Sacrée.
(Ça fait du bien, j’aime quand j’ai des envolées à la Ferré) 🙂

Le nom de Ventôse fait clairement référence à l’esprit révolutionnaire qu’elle porte en écharpe ; quant à son prénom, Tatiana, je crois qu’il s’agit d’un hommage à ses racines.
Je crois.
Son discours est décapant, son ton est celui d’une pasionaria, et chaque fois que je l’écoute, je suis emporté par son enthousiasme. En mon for intérieur, je ne peux pas m’empêcher de penser que cette jeune femme a totalement raison, mais, dans un même mouvement d’attraction-répulsion, je m’écarte immédiatement de ce qu’elle dit, tout d’abord parce que je me méfie des enthousiastes, et puis en raison d’un vieux fond bourgeois qui souhaite vivre dans une réalité ouatée.
Et plus prosaïquement, parce que je ne partage pas toutes ses analyses.

Tatiana Ventôse a le peuple chevillé au corps. Je parle de celui dont la définition est si difficile à donner qu’on se casse la gueule à s’y essayer.
Cependant, comme dirait Pouf le cascadeur, « c’est très dangereux, mais je vais le faire quand même » et je vais t’en proposer ma définition :


Le peuple, c’est l’ensemble des citoyeN qui souhaitent faire corps pour brouter tous ceux qui veulent le tondre, le réduire à la servitude en lui marchant dessus ou, comme c’est le cas aujourd’hui, l’éclater en morceaux irréconciliables. Une entité sociale et culturelle qui aime son pays comme lieu d’expression de son génie, en accepte l’histoire, et se voit souverain, c’est-à-dire capable de se donner les moyens de dessiner son présent et son futur de Nation.



Tatiana Ventôse rappelle combien ils sont nombreux, tous ces parasites qui se goinfrent sur le dos de ce peuple, combien ils sont protéiformes, combien ils sont présents dans les classes dominantes, dans le milieu politique, mais aussi parmi les intellectuels idiots qui sont dans le déni de son existence.
Elle raisonne ennemis de classes et j’aime ça, même si l’idée me fait mal aux seins parce que je préfère mes doux rêves cotonneux. Elle raisonne lutte de classes, dominants et dominés, sans émietter ces derniers en parcelles identitaires à la sauce woke ; elle ne vote pas France Insoumise.
Tatiana Ventôse me rappelle ces communistes à l’ancienne que j’ai beaucoup côtoyés et dont le discours résonnait puissamment en moi. J’ai toujours eu beaucoup de sympathie pour eux, mais l’ombre menaçante du soviétisme encore vivant m’interdisait de me rapprocher d’eux.
Et puis, j’avais ma propre religion sociale, c’était le catholicisme populaire.
Ce communisme de terroir s’est dilué dans le temps en même temps que la classe populaire disparaissait de l’espace.
Quoi que….
A-t-elle vraiment disparu, cette classe sociale, ou bien ne sait-on pas la voir sous ses habits nouveaux ?
N’est-il pas plutôt question de notre propre incapacité à la sonder dans ses contours d’aujourd’hui ?
Questions ouvertes à poser à des sociologues. Moi, je n’ai que des bribes de réponses.


Pour une gauche boboïsée, l’idée de peuple défendue par Tatiana Ventôse est ringarde.
Pas pour moi.
Elle en parle mieux que moi, je lui laisse la place.


Crédit photo : Idées noires, de Franquin


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