C’est l’histoire d’un troll…

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Si tu es comme moi, tu as peut-être le sentiment que l’atmosphère de nos mois prochains va être méchamment assombrie par deux turbulences : le variant Omicron du Covid 19 et le Facteur Z de la présidentielle.
… et le réchauffement climatique, et l’immigration, et l’inflation, et le pouvoir d’achat, et mes calculs rénaux, mais je m’égare !

Concernant le variant Omicron, je n’ai rien à dire de particulier 1, si ce n’est qu’il a pris le nom d’un ancien pseudo que j’utilisais comme nom de plume à une époque. Ça me fait pas plaisir.
En revanche, j’aimerais bien parler une fois et une fois seulement, du surgissement de ce facteur Z qui vient troller la campagne présidentielle pour de bon, l’hystériser ou, plus exactement, l’histrioniser.

Comment se fait-il qu’un tel phénomène ait pu émerger du néant dont il n’aurait jamais dû sortir ? Comment se fait-il qu’il ait pu accéder à la lumière du jeu démocratique national, expression ultime de notre dimension de citoyen ?
Je vais m’essayer à une analyse des raisons de ce surgissement pour les soumettre à ta sagacité. Tu pourras faire ton marché dans mon étal d’hypothèses, en sélectionner une ou plusieurs pour alimenter ta propre réflexion et m’en faire un retour, je te lirai avec plaisir dans le registre je lis l’opinion des autres et je me tais.

Donc, voici le résultat de mes cogitations :

  1. Z est le résultat de nos vieilles haines recuites, haines franco-françaises bien enracinées dans un inconscient qui reste à défricher. En effet, comment comprendre qu’en 2021, on puisse encore faire référence à Maurras, Barrès, ou Dreyfus lorsqu’on analyse le cas Z et ses conséquences ?
  2. Z est la planche de salut d’une extrême-droite qui a compris que le Rassemblement National n’arrivera pas à crever le plafond de verre.
  3. Ceux qui ont donné de l’épaisseur à Z, s’agglutinent à lui parce qu’ils ont compris combien ça fait chier ceux qui font partie d’une France qu’ils détestent 2.
  4. Ceux qui détestent Z, lui confèrent involontairement de l’épaisseur parce que, au-delà de ce qu’il peut dire de parfaitement nauséabond, ils aiment détester ceux qui s’agglutinent à lui, ça leur donne bonne conscience, et je te renvoie au point n°1.
  5. Z est vu comme un homme providentiel tout simplement parce qu’il signe ses aventures d’un Z qui veut dire zé tout compris, les zimmigrés, dehors ! et ça suffit, dans notre beau pays de France, pour faire le bon buzz et le bad buzz.
  6. Z, c’est le retour du refoulé, le guignol qui a pris corps parce qu’une frange non-négligeable des électeurs français se vit comme évincée de la représentation nationale, Vè République oblige.
  7. Z est là parce que Mélenchon est là, lui aussi, et que ses idées sont honnêtement représentées à l’Assemblée Nationale, on se demande bien pourquoi ce deux poids, deux mesures.
  8. Z, c’est le produit d’un fonctionnement démocratique que nous sommes incapables de faire vivre de façon apaisée en accueillant les opinions diverses sans polariser notre propre point de vue ni diaboliser celui de l’autre. Ah ! ces repas de famille où la politique sert d’épice et provoque des lendemains qui irritent le fondement démocratique !
    Conséquence : un prurit nommé Z.


Je l’admets, ces bouts d’analyses ne sont pas tous foncièrement différents les uns des autres et sont même parfois de simples redites qui tournent autour de crispations bien françaises. Toutefois, la légère différence dans les mots autorise des entrées spécifiques pour un développement original de ta part, pour peu que tu te les appropries avec ta propre personnalité. Je suis aussi conscient que ces pistes peuvent te paraitre lacunaires, et elles le sont, vu que je parle de la place qui est la mienne, celle d’un spécialiste en rien du tout, un expert en pas grand-chose. En outre, elles font volontairement l’impasse sur le contenu des propositions de Z parce que je ne tiens pas à prendre le risque de me salir en jetant un oeil sur son programme.

Voilà. En attendant Noël en mai, j’espère que le variant Omicron se révèlera parfaitement innocent et que le facteur Z sera vite réduit à un facteur négligeable de la campagne, celui qu’on écarte d’un revers de main parce qu’il n’a aucune incidence sur les résultats.
Il sera alors temps de s’occuper sérieusement de ce que veut dire l’abstention et des conséquences délétères qu’elle génère sur la bonne marche de la démocratie, c’est autrement plus important, mais c’est une autre histoire.


C’est l’histoire d’un troll…



1 A titre personnel, je vais pas trop m’affoler, après avoir écouté le point de vue de l’émission du vendredi 3/12 de La méthode scientifique. Emission qui dit en substance : On se calme ! Pour l’instant, rien ne vient confirmer une quelconque dangerosité de ce variant, et on ne saura rien de vraiment sérieux avant deux ou trois semaines.

2 Comme illustration, je joins cette déclaration d’Eric Naulleau

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