La colline endormie


Sur la colline endormie, nous voilà maintenant
deux coeurs apaisés à son côté droit.

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C’est un chemin bleu bordé de fossés profonds où coule une bruyère, 
un chemin creux où le mollet blond plonge à fleur de flaque.

Un chemin oublieux qui fuit de toutes parts
et laisse s’échapper les regrets qui encombrent
dans les fossés profonds où coule le cresson.

Un chemin d’odeurs au goût de madeleine.

Un chemin de Saint-Jacques à suivre en pèlerin
jusqu’au bout de soi-même, là-haut sur la colline.

Une colline endormie aux contours féminins,
aux contours caressés par une herbe qui chante
et des brindilles qui sifflent sous la mitraille du vent.

Une colline couchée sur un lit de verdure,
respire par le ventre, respire a capella,
une colline saignée par un long sillon bleu 
bordé de fossés profonds où mon ego se dévêt.

J’ai coulé mes doigts dans le creux de tes mains,
j’ai coulé mes yeux dans tes yeux à nous deux,
j’ai coulé mon pas dans celui de tes reins,
et nous avons laissé, dans les fossés profonds où sombrent nos frissons,
la pudeur d’être deux, la peur d’être heureux et les bleus à nos coeurs.

Paisibles et rayonnants, nous offrons au soleil une concurrence loyale
et d’un mollet blond qui plonge à fleur de flaque,
nous lions nos foulées vers la colline couchée.

Là-haut sur la colline, nous arrêtons nos pas au bout du chemin bleu. 
Nous stoppons alors au bord du précipice.
Nous déployons nos ailes à la barbe du vent.
Nous ébrouons nos sens sur le sol musical
et le chant de nos corps vaut bien celui de l’herbe.

J’ai calqué mon souffle sur celui de tes hanches,
j’ai collé mon ventre au creux de ton bassin,
j’ai cloué tes mains aux clous de mes doigts
et ne les ai lâchées qu’après nos tremblements.

Sur la colline endormie, nous voilà maintenant
deux cœurs apaisés à son côté droit.

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Poème écrit en 2012 à partir d’une phrase qui me trottait dans la tête : « C’est un chemin bleu bordé de fossés profonds où coule une bruyère. » Puis, j’ai décidé de faire de cette phrase un hommage au poème « Le dormeur du val » de Rimbaud, tout en prenant le contre-pied de ce dernier.
J’ai fait de mon poème, un poème de vie.
Je le publie ici à la demande de l’une d’entre vous 🙂

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Photo 1 : Composition minéral/végétal qui se trouve dans le jardin anglais de Lost Gardens of Heligan.
Photo 2 : Source inconnue (recherche google : Le dormeur du val / images)

2 réflexions sur « La colline endormie »

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