Vous avez dit culture du viol ?

Ah bon ?!…
Pour moi, la culture du viol n’existe pas, tout simplement parce que le viol n’a rien à voir avec une pratique culturelle et encore moins un paradigme civilisationnel.
C’est une pratique anthropologique qui se retrouve de tout temps, en tout lieu, et qui dépasse largement le cadre limité de quelque civilisation que ce soit.
Relativement à cette pratique, qu’on retrouve aussi chez d’autres espèces animales pour des raisons spécifiques, les civilisations, dans leurs diversités, ont apporté chacune sa réponse. Malheureusement, elles se sont montrées bien en-dessous d’une réponse exigeante comme on l’attend aujourd’hui à bon droit, dans notre civilisation où les femmes ont enfin un début de mot à dire et où elles peuvent définir comme des grandes le cadre le plus approprié à leur vie individuelle, de façon unique dans l’histoire, bien au-delà du statut d’invitées d’honneur que de rares époques ont pu leur ménager.
Tu vois, je suis optimiste, je pense que le futur verra notre époque comme le début d’un vrai tournant civilisationnel où on aura questionné en profondeur la place de la femme dans la vie.

Alors, je comprends bien ce que sous-entend cette expression de culture du viol, je suis pas idiot. Je vois bien tous les dénis qui légitiment cette expression, l’exploitation d’un sexe par un autre, la mise sous le tapis de comportements masculins qui banalisent le viol et condamnent d’office la femme. Je vois bien tout ça, de même que je constate toute l’horreur que constitue le féminicide.
Cependant, je ne me sens pas obligé de ranger tous ces manquements et horreurs dans la rubrique culture du viol parce que je trouve cette expression impropre et maladroite. Elle est trop fortement adossée à une analyse fautive qui se focalise sur le concept de patriarcat.
A mon sens, le patriarcat correspond à une erreur de réglage de la focale, le coupable étant à chercher ailleurs, j’y reviendrai plus bas.
En attendant, ce patriarcat à le dos si large qu’il englobe tout de sa testostérone, à tel point qu’il en deviendrait une entité quasi-divine.
Cette référence au patriarcat, martelée, occulte trop facilement que la moitié des êtres humains sur Terre ont de tout temps été des femmes, et cela évite de se demander pourquoi toutes ces femmes n’ont pas changé en profondeur l’ordre des choses civilisationnel, au moins en tant que mères de…, femmes de… ou filles de…
Car, au-delà de quelques figures emblématiques, elles ne l’ont pas fait, au sens où ces figures n’ont jamais fait école et ont permis de pérenniser des codes bien plus favorables à leur sexe, en-dehors de quelques matriarcats anecdotiques.
Dire que l’échec de ces tentatives relève du patriarcat tout-puissant évoqué sans cesse, patriarcat qui aurait imprégné jusqu’à l’os toute structure culturelle est facile et finit surtout par donner l’image d’un sexe féminin intrinsèquement faible, un sexe qui n’aurait pas les couilles qu’il faut pour secouer le cocotier alors qu’il a toujours eu une place de pouvoir réel, autorisée par un sentiment partagé par tous les êtres humains et qui s’appelle l’affection. Si le mot fait peur, je peux le remplacer par empathie, lien. Affection que se portent un fils et une mère, un mari et une femme, un père et une fille, affection qui est un vrai moteur d’action et de pouvoir.

Se focaliser à ce point sur un patriarcat dont je ne nie pas les contours d’ailleurs, fait qu’on occulte une part sombre de notre humanité, beaucoup plus vaste, endossée autant par les femmes que par les hommes. Cette part sombre nous vient tout droit d’un ordre des choses que nous impose la nature, et j’aurai l’occasion d’y revenir car il s’agit à présent pour moi de replacer la nature au centre de nos déboires.
C’est sur cet ordre des choses qu’il faudrait placer la focale, ce qui n’est toujours pas fait par peur de tomber dans le réductionnisme, une forme de justification du viol par un ordre naturel. Ce n’est pas du tout ce que je dis ici et j’espère pouvoir développer dans d’autres billets.

Pour le moment, je me contenterai de dire que je pense que les femmes sont des hommes comme les autres et que chaque fois que c’est possible, elles oppriment aussi bien qu’eux. Elles oppriment leurs enfants, elles exploitent les autres classes sociales quand c’est possible, elles méprisent les membres des autres tribus, des autres villages, peuples, ethnies ou races, elles dominent leur propre sexe et l’autre sexe, celui des mâles, quand c’est en leur pouvoir propre ou bien en temps que mères, épouses ou filles.

Dominer est dans notre nature, il faut l’assumer et mener un combat constant contre ce trait animal.


Mais bien sûr, à l’heure d’un féminisme victimaire, il est plus facile d’ériger les femmes en éternelles victimes que de les imaginer pleinement actives dans un ordre des choses où l’oppression, la domination et la compétition sont des constantes partagées par touT (= neutre inclusif invariable).

Il existe un féminisme en quête d’une innocence de sexe.
Un fantasme qui tourne chez certaiN à une névrose obsessionnelle.


Le point de départ de ma réflexion, en date du 1er septembre 2021 :
(Sur Facebook, je me suis prononcé dans les commentaires qui ont fait suite à cette revue de presse…
ce fut assez violent 🙂 !
)

https://www.franceculture.fr/emissions/la-revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-mercredi-01-septembre-2021


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